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Réalisez-vous !

Que faire quand on déteste son job ?

9 Mars 2017 , Rédigé par Pauline Publié dans #Articles

Que faire quand on déteste son job ?

J’exerce un métier que je déteste.

Je peux vous l’affirmer aujourd’hui mais ça été un long combat pour me l’avouer à moi-même.

Tout d’abord, en terminale, je ne pensais qu’à m’amuser avec mes copains, je m’en foutais de la suite, l’avenir pour moi c’était loin, la vie d’adulte, je m’en foutais. Puis il a bien fallu que je fasse un choix, ma mère connaissait un prof de l’IUT qui enseignait les maths au département GEA (gestion des entreprises et des administrations). Elle m’a dit : « tu sais de la gestion, il y en a dans tout, tu trouveras du travail facilement, et puis ça doit être intéressant ». Moi, sans réfléchir et sans savoir dans quoi je m’engageai, j’ai signé.

Le bac en poche, j’arrive donc dans le monde des études supérieures. Je commence les cours et là, j’arrive dans mon premier cours de comptabilité de ma vie. Pour ceux qui connaissent rien, la comptabilité, en gros, vous mettez les chiffres dans des « comptes » pour établir des documents financiers. Voila, c’est pas plus clair maintenant mais c’est pas grave, on s’en fout. Bref, premier cours, je me dis « Oh mon Dieu, quelle horreur, je ne comprend rien ! ». Tout le monde autour de moi avait l’air de comprendre mais moi j’avais qu’une envie c’était de partir en courant, vite, loin. Ce jour là, j’aurai dû le faire, mais ça je l’ai su qu’après.

Les semaines passent et je m’accroche, mon cerveau fini par intégrer le système comptable français et la fiscalité devient mon quotidien. Je deviens vite une des meilleures élève et je décide de faire ma deuxième année en alternance. La vraie raison pour laquelle j’ai fait ça c’est parce que la responsable des alternants est une femme qui m’intrigue beaucoup et que je l’aime bien. Autant vous dire que ma motivation n’était pas au top.

Je travaille donc pendant deux ans en tant qu’assistante comptable en parallèle de mes études (deux diplômes en même temps en plus. Oui je suis un peu masochiste). Au cours de ces deux années, je me disais : « ça sera mieux après ». Après quoi, je ne sais pas. En gros, je n’aimais pas trop ce que je faisais mais je fantasmais un avenir meilleur je ne sais où.

J’obtiens mon diplôme haut la main. Et à la stupeur de tout le monde, je ne poursuis pas sur un master (comme font 99% des gens), j’avais l’intime conviction qu’il fallait que je m’arrête là. Une licence c’est bien assez. Je ne savais pas pourquoi, mais je savais que mon choix était le bon. Déjà la, mon intuition se développait mais je ne comprenais pas vraiment ce qu’elle me voulais. Du bien, du mal, je m’en occupais pas, mais je la suivais quand même.

Je suis alors embauchée dans un cabinet d’expertise comptable au SMIC et au début je ne me plais pas du tout, je cherche même du boulot ailleurs. Finalement, je finis par m’accrocher et je reste. A l’époque, je vis avec mon compagnon dans un petit appartement. Je ne suis pas bien, je sens que ça va pas, mais je ne sais pas pourquoi. J’ai comme un truc au fond de moi qui me dit : « Mais tu fais quoi là ? Plaque tout et pars loin, très loin! ». J’ai l’impression que je vais exploser. J’ai le sentiment d’être étrangère à ma vie. Je suis en train de construire ma vie comme on m’a dit de la faire, et non pas comme moi je veux faire ma vie.

Je réalise soudain que cette vie, ça va pas le faire longtemps. Je quitte assez brutalement mon conjoint et mon appartement et je reviens vivre dans le cocon familial. J’avais vraiment besoin de me retrouver avec moi-même pour réfléchir. La personne que j’étais venais de se rendre compte de ce qu’elle était vraiment. En tout cas, de ce qu’elle n’était pas. Ou ne voulait pas être.

J’ai toujours été la petite fille modèle, sans histoire, qui a tout fait parfaitement. Maintenant, la petite fille pète un câble et pour la première fois je ressens que je suis sur la bonne voie. Lorsque j’ai quitté mon conjoint, je savais que c’était la bonne décision, mon intuition me disait : « c’est dur, mais c’est pour ton bien ma petite ! ».

De retour chez ma maman, ça allait déjà mieux mais c’était loin d’aller à merveille quand même. J’ai pris la décision de reprendre mes études pour faire un master en audit et comptabilité, pour avoir plus de responsabilités dans mon travail car je le trouvais fort ennuyeux. J’ai commencé les cours très vite et je trouvais ça intéressant. En fait non, je me persuadais que c’était intéressant alors qu’au plus profond de moi les fusions des entreprises et la comptabilisation de ses opérations selon les règles IFRS je m’en contre fous mais à point, je pense que vous n’imaginez pas. Seulement, je me mentais à moi-même. C’était difficile d’avouer que je m’étais trompée de voie professionnel, c’est perçu par les autres comme un échec, même pour soi, c’est pas facile à assumer.

Et là, miracle, un dimanche de février, je décide d’aller faire du ski avec mes amis, j’adore le ski, je suis super excitée. Au milieu de la journée, je fais une très mauvaise chute. Bilan : double fracture de la clavicule gauche. 2 mois d’arrêt de travail. Et là je me rend compte que je suis la plus heureuse du monde de ne pas aller au travail pendant deux mois ! Je prend conscience qu’à ce moment là qu’il faut que je fasse quelque chose car je déteste, mais vraiment beaucoup, mon travail. Je préfère quand même être 2 mois le bras immobilisé chez moi plutôt que d’aller au travail. Si je suis vraiment honnête avec vous, je n’aurai pas dit non à une ou deux côtes cassées et un traumatisme crânien pour 2 mois supplémentaires, c’est vous dire le point où j’en étais.

Mais alors pourquoi je vous raconte mon histoire ? Parce que tout simplement, maintenant que j’ai décidé de quitter mon travail et de faire ce qui me passionne vraiment, je commence à vivre, à petit à petit me réaliser. Rester dans un métier qui ne nous plait pas contribue à votre malheur le plus profond. Je sais que c’est pas simple, mais à quel prix étes-vous prêt à payer votre bonheur ? Se mentir à soi-même comme je l’ai fait, des millions de gens dans le monde le font et le feront encore. C’est pour ça que je raconte mon histoire, je voudrais que les gens qui me lisent prennent conscience qu’ils sont, peut être en train de se mentir. Ouvrez les yeux, et observez la personne que vous connaissez peut être le moins : vous-même. Je sais mieux que personne que c’est difficile d’être parfaitement honnête envers soi-même, mais une fois que c’est fait, ça fait du bien, vraiment.

Regardez au fond de vous, vous avez toutes les réponses à toutes vos questions !

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